Le sous emploi des jeunes et la Corruption

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L’ONG 3D, La plateforme des acteurs non étatiques (ANE) et le collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE), ont rendu public hier les résultats de leur étude sur les facteurs qui déterminent l’abstention, en moyenne de 60% des populations, aux élections au Sénégal. Cette étude qui concerne la période comprise entre 2000 et 2016 a révélé entre autre, que le facteur le plus marquant de l’abstention aux votes est le manque d’emploi, surtout chez les jeunes, l’étude établit que la plupart des abstentionnistes ont un âge compris entre 21 et 29 ans, avec un pourcentage de 36%.
Les citoyens sénégalais manifestent de plus en plus leur désaffection vis-à-vis des acteurs politique de notre pays, telle est l’économie de l’atelier de restitution des résultats de l’étude menée par l’ONG 3D, sur « les principaux déterminants de l’abstention au vote » au Sénégal. Selon le directeur exécutif de ladite organisation non gouvernementale, Mr Moundiaye Cissé, « depuis 1993, en dehors des présidentielles qui mobilisent généralement l’enthousiasme d’une grande partie de la population, aucune autre élection n’est parvenue à dépasser le taux de 40% de la participation ». Car ne présentant pas selon lui, beaucoup d’enjeux chez les sénégalais. Cependant, Mr Cissé a tenu de préciser que, que seules les élections de 2001 ont constitué une exception à ce faible taux de participation, avec 67%. Ce qu’il a expliqué par la période de grâce politique favorisée par la première alternance démocratique, en 2000, mais aussi l’adoption d’une nouvelle constitution à plus de 94% du suffrage valablement exprimé. Cependant, le constat est que les sénégalais s’intéressent de moins en moins à la vie politique, d’où leur abstention aux scrutins. Ainsi, le directeur exécutif de l’ONG a indiqué que plusieurs facteurs sont à l’origine de cette situation. A ses yeux, les sénégalais ne vote pas parce que simplement, les leaders politique s’éternisent sur la scène politique. Ce qui pose la problématique du renouvellement de la classe politique, par les jeunes générations qui aspirent à gérer leur propre destin. De plus, en rajoute t-il, ces leaders assoiffés de privilèges ne proposent pas de nouvelles offres. Ce sont les mêmes programmes et projets qui ne débouchent sur aucune évolution socio-économique. Dans le rapport, il est dit que la plupart des citoyens arrêtent leur décision de s’abstenir bien avant même la campagne. Le texte rajoute que ces derniers estiment que l’urgence est ailleurs et les enjeux de la campagne électorale ne les concernent pas. Pendant que 46% des abstentionnistes se décident avant la campagne, 21% d’entre eux, attendent la campagne pour manifester leur désenchantement. Pour cette catégorie, nous dit l’étude, leur choix pourrait être motivé par leur déception par rapport au déroulement de la campagne ou plus exactement son contenu. Ce qui veut dire, selon M Cissé que ces citoyens ne sont pas satisfaits des offres programmatiques exprimées durant la campagne ou sont déçu de la pauvreté des débats et des propositions. Autrement dit, les programmes politiques ne prennent pas en compte leurs priorités et leurs besoins, donc la problématique de l’emploi n’est pas prise en considération. C’est d’ailleurs ce qui explique que 41% pour abstentionnistes sont des sans emplois. Pour ainsi dire que les offres politiques de nos leaders n’ont pas les impacts escomptés sur l’emploi notamment des jeunes. En effet, renseigne le rapport, la plupart des abstentionnistes ont un âge compris entre 21 et 29 ans, avec un pourcentage de 36%. Puis arrivent, ceux dont l’âge est compris entre 30 ans et 39 ans, soit un taux de représentativité de 25%. Etant donné que, toutes les tranches d’âge sont concernées par le désaveu vis-à-vis des leaders politique sénégalais, le directeur exécutif de l’ONG 3D, ajoute que les citoyens âgés de 40 à 49 ans, ont une abstention de 16%, ceux âgés de 50 ans à 59 ans, 9% et les personnes dont l’âge dépasse les 60 ans, 11%. Sous un autre angle, la présentation des résultats de l’étude a permis de savoir que «46% des enquêtes estiment que les hommes politiques ne sont pas a l’écoute de la préoccupation des citoyens qui avancent que ces hommes politiques les considèrent comme des marionnettes ».
Problématique de la légitimité des acteurs politiques
Bref, peu de sénégalais participent au processus électoral, ce qui pose la problématique même de la légitimité des acteurs politiques, dont certains d’entre eux occupent le plus de postes de responsabilité dans ce Sénégal. Autres facteurs de la baisse continue du taux de participations aux élections, les pratiques de corruption dans la sphère politique. En effet, nous dit le rapport, 31% des enquêtés évoquent comme raison de leur abstention, les pratiques de corruption. Une pathologie à laquelle l’Etat doit remédier, à en croire les participants à cette cérémonie de la présentation du travail relatif aux déterminants de l’abstention aux élections. A noter aussi, l’abstention de la mise à jour sérieuse et régulière du fichier électoral. Sans oublier les violences et tensions pré électorales qui font que les sénégalais, au lieu de voir les scrutins comme un combat politique loyal, où les cartes d’électeurs dictent leur loi, considèrent ces joutes comme des moments de heurts. Un climat de tension qui les pousse à se retrouver loin des urnes. Sur ce point, les organisateurs de cet atelier ont invité les adversaires politiques de notre pays à revoir leur copie en vue de pacifier l’espace politique et de lui redonner sa dignité d’alors. Sur la liste des causes qui font que les citoyens sénégalais ne participent plus comme avant, aux élections, les lenteurs dans la délivrance des cartes nationales d’identités et des cartes d’électeurs, précise d’étude.

Source : Le Temoin Quotidien

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